jeudi 25 octobre 2007

Philippe II Auguste (1180 -1223)


Philippe II dit Philippe Auguste, né le 21 août 1165 à Gonesse, mort à Mantes le 14 juillet 1223, est le septième roi de la dynastie dite des Capétiens directs. Il est le fils héritier de Louis VII dit le Jeune et d'Adèle de Champagne.


Le surnom d'Auguste qu'on lui donna de son vivant, est une référence directe au titre antique, quoique d'autres interprétations aient été fournies sous son règne : il peut rappeler le mois de sa naissance, ou encore le verbe latin augere qui signifie « augmenter », « faire croître ». Ce surnom aurait en effet pu lui être donné quand il ajouta au domaine royal en juillet 1185 (Traité de Boves) les seigneuries d’Artois, du Valois, d’Amiens et d'une bonne partie du Vermandois[1].
Philippe Auguste reste l'un des monarques les plus admirés et étudiés de la France médiévale, en raison non seulement de la longueur de son règne, mais aussi de ses importantes victoires militaires et des progrès essentiels accomplis pour affermir le pouvoir royal et mettre fin à l'époque féodale.


La naissance de Philippe Auguste, en 1165, est accueillie comme un miracle par la famille royale. En effet, Louis VII attend depuis près de trente ans un héritier et c'est sa troisième épouse, Adèle de Champagne, qui lui donne tardivement ce fils tant espéré. Une attente qui vaut au futur Philippe II le surnom de Dieudonné.
Philippe est associé au trône dès l'âge de quatorze ans, en 1179. La cérémonie du sacre est d'ailleurs retardée : victime d'un accident de chasse[2], la vie du jeune prince est en danger. L'état de santé du prince est suffisamment grave pour que Louis VII se déplace en Angleterre, malgré sa santé déclinante, et aille se recueillir sur la tombe de Thomas Becket, l'archevêque de Cantorbéry mort en 1170.
Philippe Auguste est finalement sacré à Reims, par son oncle, l'archevêque Guillaume aux Blanches Mains, le 1er novembre 1179. La mort de son père survient le 18 septembre 1180 et laisse Philippe seul roi, à quinze ans.
Confronté à l'affaiblissement du pouvoir royal, Philippe Auguste s'avère rapidement à la hauteur du défi. Son mariage, célébré à Bapaume le 28 avril 1180 avec Isabelle de Hainaut, lui apporte l'Artois en dot. Puis en juin 1180, trois mois avant la mort de son père, il signe le traité de Gisors avec Henri II d'Angleterre. Ces deux événements renforcent la position du jeune roi face aux maisons de Flandre et de Champagne.
À l'intérieur du domaine, l'une des premières décisions de Philippe Auguste est l'expulsion des Juifs et la confiscation de leurs biens en avril 1182, une décision qui tranche avec la protection que son père avait accordée à la communauté juive. La motivation officielle désigne les juifs comme responsable de calamités diverses, mais l'objectif réel est surtout de renflouer les caisses royales, bien mal en point en ce début de règne. Ces mesures sont populaires, et ne durent pas : l'interdiction du territoire (d'ailleurs difficile à faire respecter) cesse en 1198, et l'attitude conciliatrice qu'avait adoptée Louis VII redevient bientôt la norme.

Un nœud de rivalités
Dès 1181, le conflit avec les barons est réanimé, mené par le comte de Flandre, Philippe d'Alsace. Philippe Auguste parvient à contrer les ambitions de ce dernier en brisant ses alliances avec le duc du Brabant et l'archevêque de Cologne, Philippe de Heinsberg. En juillet 1185, le traité de Boves confirme au roi la possession du Vermandois, de l'Artois et de l'Amiénois.
Les Plantagenêts sont l'autre préoccupation majeure de Philippe Auguste. Les possessions d'Henri II d'Angleterre, également comte d'Anjou, comprennent la Normandie, le Vexin et la Bretagne. Après deux ans de combat (1186-1188), la situation reste indécise. Philippe tente de profiter des rivalités entre les fils du roi d'Angleterre, Richard avec lequel il se lie d'amitié, et son cadet Jean Sans Terre. Une paix de statu quo est finalement négociée, alors que le pape Grégoire VIII appelle à la croisade, après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187. La mort d'Henri II en juillet 1189 clôt cet épisode. L'urgence est au départ en Terre sainte.


Le contraste est saisissant entre l'avènement de Philippe, sous une quasi-tutelle des barons, avec un domaine qui fait de lui le roi de l'Île-de-France plus que de la France, et la fin de son règne, avec un domaine agrandi, auxquels il faut ajouter de nombreux territoires soumis par hommage de leurs possesseurs. Le rival anglais est repoussé dans une Guyenne parcellaire, loin, très loin de Paris.
Ces gains territoriaux font de Philippe Auguste un roi rassembleur, dont l'œuvre est continuée par Louis VIII. Il faut attendre la guerre de Cent Ans pour assister à un recul important des possessions royales françaises. Stabiliser ces conquêtes passe cependant par autre chose encore que de simples victoires militaires ou diplomatiques.
Et là se situe bien le grand succès de Philippe : en même temps qu'il agrandit le territoire, il parvient à raffermir le pouvoir royal dans ces nouvelles terres, condition indispensable de la pérennité de ces nouvelles possessions. Cet objectif est atteint, d'abord, par une nouvelle politique de fortifications et de châteaux : Philippe fait dresser leur inventaire et lance à ses frais des constructions dans le domaine et les fiefs. Les anciennes buttes à palissade disparaissent, remplacées par des donjons en pierre que Philippe veut polygonaux ou cylindriques, pour une meilleure résistance aux engins de siège, et pour éviter les angles morts à la défense. De nombreuses tours sont ainsi construites. Vers la fin du règne, le plan évolue vers un donjon quadrangulaire avec des tours rondes à chaque coin, dont le Louvre est le meilleur exemple.

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