jeudi 25 octobre 2007

Philippe IV le Bel (1285–1314)


Philippe IV de France, dit Philippe le Bel, (1268-29 novembre 1314), est roi de France de 1285 à 1314, onzième roi de la dynastie des Capétiens directs.


Né en 1268 à Fontainebleau, il est le fils du roi Philippe III de France (Philippe le Hardi) (1245-1285) et de sa première épouse Isabelle d'Aragon (1247-1271).


Il a comme précepteur Guillaume d'Ercuis, ancien jeune aumônier de son père. Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le " roi de marbre " ou " le Roi de Fer ", il se démarque par sa personnalité rigide et sévère. L'un de ses plus farouches opposants, l'évêque de Pamiers Bernard Saisset, dit d'ailleurs de lui : « Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue ». Philippe le Bel fut un roi qui souleva au cours de son règne beaucoup de polémiques, le pape Boniface VIII le traitant par exemple de « faux monnayeur ».


Pour assainir les finances du royaume, acheter le Quercy aux Anglais contre une rente de 3 000 livres, il s'attaque à ceux qui ont de l'argent, y compris les religieux dont l'Église catholique, les Lombards, les juifs et les Templiers.
Pour obtenir le passage de l'armée française afin d'évacuer la Guyenne, Philippe donne sa sœur, Marguerite de France en mariage au roi Édouard Ier d'Angleterre, et promet sa propre fille, Isabelle de France, au fils issu de la précédente union, (le futur roi Édouard II d'Angleterre).


Le règne de Philippe le Bel est marqué par ses différends avec le pape Boniface VIII, dont la décrétale Clericis laicos du 24 février 1296 est le point de départ. Boniface VIII, qui a alors d'autres préoccupations (conflits avec les Aragonais de Sicile et les Colonna) se trouve dans l'embarras, et, en dépit de son caractère hautain, cède bientôt. Les bulles Romana mater (février 1297) et Etsi de statu (juillet 1297) donnent au roi gain de cause. Ce dernier document contient une renonciation formelle aux prétentions émises pour la défense des biens ecclésiastiques contre l'arbitraire des rois dans la décrétale Clericis laicos.
Cependant, en 1300, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII déclare la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel, et par ce biais la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. En fait, il tente d'instaurer une théocratie occidentale.
Philippe le Bel réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape et réunit également des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris (précurseurs des Etats Généraux qui apparaissent pour la première fois sous son règne). Le roi cherche l'appui de tous ses sujets, afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. Ce dernier menace de l'excommunier et de jeter l'interdit sur le royaume de France.
Les légistes falsifient la bulle pour la rendre injurieuse au pouvoir civil et à la France. Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi envoie alors son conseiller (et futur Garde des Sceaux) le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie, dans le but d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, membre de la noblesse romaine, qui lui indique que le pape s'est réfugié à Anagni en Italie.
Nogaret et Colonna arrivent à Anagni et trouvent le pape seul dans la grande salle du palais épiscopal, abandonné par ses partisans. Le vieil homme de 68 ans est assis sur un haut siège, en habit de cérémonie, et ne réagit pas à l'irruption de la troupe armée. En voyant Guillaume de Nogaret et Sciarra Colonna approcher, il incline légèrement la tête et déclare :" Voici ma tête, voici ma tiare : je mourrai, certes, mais je mourrai Pape ". Guillaume de Nogaret recule, impressionné, tandis que Sciarra Colonna, dans sa haine de Boniface VIII, s'avance insolemment et lui donne une gifle avec son gantelet de fer.
Sous la violence du coup, le vieillard est jeté à bas de son trône et tombe à terre. Peu de temps après, la population de la ville, honteuse d'avoir abandonné le pape, se rue dans le palais et chasse les Français. Mais il est trop tard : la violence dont il a été victime a définitivement ébranlé la raison de Boniface VIII. Il meurt un mois plus tard, sans reconnaître ses proches et en refusant l'extrême-onction.[réf. nécessaire]
[ Remarquez toutefois, que ceci n'est que légende, puisque réellement, le pape Boniface VIII meurt de maladie quelques temps plus tard, après avoir été emprisonné durant quatre jours, puis délivré à des ennemis qui le maltraiteront. Ainsi, son âge avancé ne lui permettra pas de résister et il mourra à Rome, tranquillement. ][réf. nécessaire]
Cet énorme scandale éclabousse Philippe le Bel, bien qu'il n'en soit pas directement responsable, mais ceux qui ne le savaient pas encore, comprennent qu'il vaut mieux ne pas s'opposer au roi de France. Celui-ci trouve d'ailleurs en la personne du nouveau pape Clément V, successeur de Boniface, une personnalité beaucoup plus malléable qu'il tient sous son pouvoir. Clément V d'origine française, est installé par Philippe le Bel à Avignon dans le sud de la France et sera d'une aide précieuse pour anéantir l'Ordre du Temple.

En avril 1314, année même de la mort de Philippe le Bel, un grand scandale éclate : Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis X de France déjà roi de Navarre (par sa mère, Jeanne Ire de Navarre) et Blanche de Bourgogne, femme de Charles (futur Charles IV le Bel), sont dénoncées par Isabelle de France (fille de Philippe le Bel et reine d'Angleterre) dans l'affaire de la tour de Nesle. Elles auraient trompé leurs maris sans honte avec deux frères : Philippe et Gauthier d'Aunay, tous deux chevaliers de l'hôtel royal.
Les deux amants sont jugés et condamnés pour crime de lèse majesté, ils sont exécutés sur le champ en place publique à Pontoise : dépecés vivants, leur sexe tranché et jeté aux chiens, ils sont finalement décapités, leurs corps traînés puis pendus par les aisselles au gibet. Une telle cruauté s'explique par l'affront fait à la famille royale, mais aussi pour atteinte aux institutions du royaume : cet acte met en péril la dynastie capétienne et le royaume de France. « Quelles auraient été la légitimité et l'autorité d'un futur souverain dont on aurait pu mettre en doute la royale paternité ? »
Les implications politiques sont si graves que le châtiment se doit d'être exemplaire. Marguerite de Bourgogne est condamnée à être tondue et est conduite dans un chariot couvert de draps noirs à Château-Gaillard. Occupant une cellule ouverte à tous vents au sommet du donjon, elle y meurt en 1315 (certains disent qu'elle fut étranglée, ses conditions d'incarcération ne mettent pas en doute une mort d'usure).
Blanche de Bourgogne est aussi tondue mais bénéficie d'un « traitement de faveur » : elle est emprisonnée sous terre pendant sept ans, puis obtient l'autorisation de prendre l'habit de religieuse. Femme du cadet, et non pas du futur roi de France (du moins c'est ce que l'on croit, puisque son époux deviendra le roi Charles IV le Bel en 1322), Blanche a donc un traitement moins cruel que sa cousine. Elle devient reine de France en prison le 21 février jusqu'à ce que son mariage soit annulé le 19 mai par le pape Jean XXII.
Quant à la troisième, comtesse Jeanne de Bourgogne et d'Artois, femme du futur Philippe V de France, elle est enfermée à Dourdan pour avoir gardé ce secret. Soutenue par sa mère Mahaut d'Artois, elle se réconcilie avec son mari le roi Philippe le Long et devient reine de France en 1317.



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